Les transports en commun à Lyon du siècle dernier à nos jours
Les premiers transports en commun à Lyon : omnibus et bateaux mouches
Le premier service de transport en commun fait son apparition à Lyon en 1837 avec les omnibus : des calèches tirées par des chevaux. Pour structurer ces transports, la Compagnie Lyonnaise des Omnibus, la CLO, est créée. En 1862, la CLO surmonte les contraintes topographiques en construisant le premier funiculaire du monde, reliant le cœur de la ville au plateau de la Croix-Rousse. Un an plus tard, un service de transport par bateaux à vapeur assure des liaisons de berge à berge sur la Saône. Construits dans le quartier de la Mouche, ces " bateaux mouches" font rudement concurrence aux omnibus obligeant la CLO à disparaître. En 1879, la Compagnie des Omnibus et Tramways de Lyon (OTL) est créée. Elle construit un réseau de tramways à chevaux circulant sur des rails. En deux ans, 10 lignes de tramways sont construites nécessitant un parc de 1 000 chevaux pour la traction. L'entretien du parc chevalin est cher et l'on se tourne vers les tramways électriques.
Du tramway au bus électrique
En 1891, le funiculaire Croix-Paquet / Croix Rousse est mis en service. Deux ans plus tard, le premier tramway électrique de l'agglomération est inauguré et remporte un vif succès. 33 lignes de tramway sont créées sur 386 km de voies ! Mais la guerre de 14-18 désorganise le réseau de transports par la mobilisation massive du personnel et des matériaux de base. Après la guerre, l'OTL met en place des lignes d'autobus pour faire face à la concurrence des autres compagnies privées. Elle se lance aussi dans la construction de trolleybus. En 1941, avec la fin des concessions, la Ville de Lyon et le Département du Rhône deviennent propriétaires du réseau. Regroupés sous le nom de Syndicat des Transports en Commun de la Région Lyonnaise (STCRL), ils confient à OTL la gestion de l'ensemble du réseau. Les bombardements de la 2ème guerre détruisent de nombreux véhicules et ponts du Rhône et de la Saône. Après la 2ème guerre mondiale, l'essentiel du réseau est à reconstruire. Les tramways, vétustes et trop coûteux sont délaissés au profit de l'autobus et du trolleybus. La politique du "tout trolleybus" est poussée à son paroxysme. En 1952, l'OTL inaugure le plus grand dépôt de trolleybus français et 6 ans plus tard, Lyon devient le plus grand réseau de France avec 344 véhicules et 21 lignes électrifiées. Dans les années 60, avec la hausse démographique, la saturation du trafic automobile et la baisse du prix du gasoil, les trolleybus cèdent peu à peu la place aux bus et nouveaux bus articulés de 18 mètres de long.
Les grands chantiers du métro
En 1967, l'OTL devient les Transports en Commun Lyonnais (TCL). La priorité est donnée à la lutte contre l'engorgement routier et la pollution. C'est ainsi que le funiculaire de Fourvière est rénové et les projets de lignes de métro sont entrepris. Ils sont menés par la SEMALY, société d'ingénierie des transports urbains et ferroviaires créée sous l'impulsion des collectivités lyonnaises pour concevoir les études et la réalisation du métro. Ce vaste chantier est financé grâce au Versement transport énoncé par la loi du 11 juillet 1973. Ainsi, pendant 25 ans et en collaboration étroite avec l'autorité organisatrice des transports, la SEMALY conçoit et réalise les 4 premières lignes de métro de l'agglomération : - La ligne C en 1974 : le funiculaire de Croix-Paquet / Croix-Rousse est transformé en premier métro à crémaillère avec 1 500 voyages/jours - Les lignes de métro A et B en 1978. - La ligne D en 1992 : le Métro Automatique à Grand Gabarit de l'Agglomération Lyonnaise (MAGGALY). Il s'agit de l'une des premières lignes de métro automatique sans conducteur à grand gabarit au monde ! Entre-temps, l'organisation institutionnelle des transports urbains français se réorganise avec les lois de décentralisation. Ainsi, la loi LOTI du 30 décembre 1982 applique la responsabilité des transports urbains aux collectivités locales et définit un "service public de transport" dans lequel les entreprises privées ont toute leur part. C'est dans ce contexte qu'en 1985 le STRL (dirigé par le préfet) devient le SYTRAL (Syndicat Mixte des Transports du Rhône et de l'agglomération lyonnaise), présidé par un élu de la Communauté urbaine de Lyon.
Le retour du tramway, des trolleybus électriques et des modes doux
En 1995, une vaste enquête auprès des ménages de l'agglomération révèle une augmentation effrénée de la voiture et la perte d'attractivité des transports collectifs. Pour inverser ces tendances, le SYTRAL adopte en 1997 le PDU (Plan de Déplacements Urbains). Ce document stratégique vise un meilleur partage de l'espace public en faveur des transports collectifs et des modes doux. Simultanément, le tramway fait son retour. Rapide, non polluant, favorisant un réaménagement urbain, il est mis en service en 2001, avec les deux premières lignes de l'agglomération lyonnaise, T1 et T2. Elles assurent, grâce à leur plancher bas intégral, une accessibilité optimale.